Je soutiens les exilés à la rue à Paris


Depuis le 3 août 2016, des centaines de demandeurs d’asile contraints de vivre à la rue ont été interpelés par la Préfecture de police de Paris, au lieu d’être mis à l’abri.

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https://www.acatfrance.fr/actualite/je-soutiens-les-exiles-contraints-de-vivre-a-la-rue

Des opérations d’expulsion qui violent le droit d’asile

Ils sont Soudanais, Erythréens ou Afghans. A leur arrivée à Paris, des milliers d’exilés sont contraints de vivre à la rue, souvent pendant plusieurs semaines, en attendant de pouvoir enregistrer leur demande d’asile, puis d’avoir accès à une structure d’hébergement. Face à cette situation, la réponse de la Préfecture de police de Paris a été de multiplier les opérations policières, pour empêcher par tous les moyens la reformation de campements improvisés. Entre le 3 août et le 20 septembre, plus de 200 exilés ont ainsi reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Parmi eux, des dizaines ont été immédiatement placés en centre de rétention administrative (CRA). Pourtant, toutes ces personnes étaient soit en demande d’asile, soit en attente de pouvoir enregistrer leur demande de protection. Ces opérations d’expulsion et les conditions de vie indignes dans lesquelles sont maintenues ces personnes, constituent des violations manifestes du droit d’asile.

Un accès très difficile à la procédure d’asile et à l’hébergement

Le droit international, européen et français impose à l’Etat d’offrir un accueil, un hébergement et un accompagnement dignes aux demandeurs d’asile et réfugiés. Il interdit également leur renvoi vers un pays dans lequel leur vie est menacée. Pourtant, dans de nombreuses villes, les délais d’attente pour enregistrer une demande d’asile peuvent prendre plusieurs mois, faute de places suffisantes, et ce bien au-delà du délai légal de 3 à 10 jours. Durant ce temps, les exilés vivent dans la rue et sont exposés au risque permanent d’être expulsés. Seule la moitié des demandeurs d’asile enregistrés bénéficie ensuite d’un hébergement, souvent après des mois d’attente.

Un manque de volonté politique

Cette situation, qui n’est pas nouvelle, témoigne des défaillances profondes de la politique d’asile française depuis de nombreuses années. Les dispositifs de premier accueil étaient déjà notoirement saturés avant la réforme de 2015, qui a étendu leurs missions mais pas leurs moyens. Et si l’Etat a créé de nombreuses places d’hébergement en deux ans, plusieurs dizaines de milliers manquent encore… Cet effort doit se poursuivre, et des solutions durables doivent être mises en place pour que la France respecte ses obligations légales.

Lettre d'intervention à télécharger


Migrer n'est pas un délit


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L'Assemblée générale de l'ONU a organisé le 19 septembre, pour la première fois de son histoire, une réunion de haut niveau pour proposer une gestion concertée des déplacements massifs de réfugiés et de migrants. Médecins du Monde (MdM) salue cette initiative et appelle à mettre en place une réponse globale et coordonnée, en particulier pour les femmes et les enfants.

 

Précarité et troubles psychologiques

Le réseau international de Médecins du Monde travaille tout au long du parcours migratoire sur différents continents, du pays d’origine jusqu’à leur pays d’accueil. En Europe, nos équipes et nos partenaires constatent sur le terrain, à chaque étape, l'extrême précarité dans laquelle vivent les migrants et les réfugiés. La situation sanitaire, comme en témoignent certains de nos chiffres , est inquiétante :

  • Près de 3/4 des femmes enceintes reçues n'ont pas de couverture médicale et près de 40% n'ont pas eu accès à des soins prénataux
  • Parmi les personnes qui ont abordé le sujet,  plus d’un quart déclarent avoir subi une forme de violence psychologique et près de 15% des violences sexuelles. Ces drames s'ajoutent à la dureté de leur parcours migratoire. En tant que professionnels de santé, nos préoccupations portent sur les troubles psychologiques des migrants/réfugiés. La complexité de la réponse face à cet enjeu nécessite la mise en œuvre de moyens supplémentaires.

« La situation sanitaire des migrants et des réfugiés est inquiétante. »

 

Une opportunité à saisir

 

Les Etats doivent saisir l'opportunité de l'Assemblée générale de l'ONU pour garantir la protection et la sécurité des migrants/réfugiés. Médecins du Monde demande:

> L’accès aux systèmes de santé nationaux, fondés sur la solidarité, l’égalité et l’équité. 

     - Les femmes doivent avoir accès aux soins prénataux et postnataux, à un accouchement sans risque et aux services de planning familial
     - Les enfants doivent avoir accès aux programmes de vaccination nationaux et aux soins pédiatriques. 

> La mise en place de voies d’accès légales et sécurisées, avec la possibilité de demander le droit d’asile dans le pays de son choix

> Des conditions d'accueil et de protection juridique satisfaisantes, spécifiquement pour les femmes et les enfants, qui représentent désormais la majorité des migrants/réfugiés :

    - Les Mineurs non accompagnés (MNA) en particulier doivent pouvoir avoir accès aux soins et à une protection juridique dans le respect de la convention internationale des droits de l’enfant. Ils doivent être accompagnés dans des structures adaptées.
    - Les examens médicaux effectués en vue de contrôler l'immigration doivent être supprimés, en particulier ceux liés à la détermination de la minorité (test osseux) 

« Les Mineurs non accompagnés doivent avoir accès aux soins et à une protection juridique. »

"Les états doivent trouver un accord politique ambitieux. Ils ne peuvent plus considérer les réfugiés et les migrants comme « une masse de déplacés » mais comme des individus titulaires de droits. Nous serons vigilants quant à la réalisation concrète des engagements pris par la communauté internationale à la suite de l'Assemblée générale de l'ONU. L'urgence humanitaire ne cesse de s'aggraver jour après jour.  La mise en place d'une réponse solidaire est une question de survie pour ces migrants ;  pour les décideurs c’est une question de courage et de volonté politique » déclare le docteur Françoise Sivignon, Présidente de Médecins du Monde

Médecins du Monde sera représenté à L’assemblée Générale des Nations Unies par sa Présidente, le docteur Françoise Sivignon et Monsieur Jean Saslawsky, Secrétaire Général du réseau International de Médecins du Monde

« La mise en place d'une réponse solidaire est une question de survie pour ces migrants. »


Le HCR exhorte les États européens à accroître les engagements, le rythme et à étendre le programme de relocalisation des demandeurs d’asile


Le HCR exhorte les États européens à accroître les engagements, le rythme et à étendre le programme de relocalisation des demandeurs d’asile

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http://www.unhcr.org/fr/news/briefing/2016/9/57d81b4aa/hcr-exhorte-etats-europeens-accroitre-engagements-rythme-etendre-programme.html

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR William Spindler – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 13 septembre 2016 au Palais des Nations à Genève.

Il y a un an, l’Union européenne (UE) et les États membres ont convenu d’un plan de deux ans pour la réinstallation de 160 000 demandeurs d’asile principalement depuis la Grèce et l’Italie vers d’autres pays européens. Pourtant, le nombre d’engagements demeure nettement insuffisant et la mise en œuvre se fait lentement et difficilement. Jusqu’à présent, 4776 demandeurs d’asile ont été transférés depuis la Grèce et l’Italie, c’est-à-dire seulement 3% de l’objectif initial. Le HCR appelle les Etats à augmenter les engagements, y compris pour les enfants non accompagnés et séparés, à accélérer l’enregistrement et le transfert de candidats, et augmenter l’accès à ce programme à davantage de nationalités fuyant la guerre et la persécution.

Les Etats sont lents à fournir des engagements sur le nombre de place de relocalisation bien qu’ils aient accepté ce programme. Dans certains cas, alors que les États ont indiqué des places mises à disposition, ces mêmes places ne sont pas formellement promises à la Grèce et l’Italie. Cela exacerbe les difficultés pour les demandeurs d’asile qui peuvent et doivent bénéficier de ce programme. Une relocalisation efficace est essentielle pour accroître la solidarité et le partage des responsabilités en Europe, et assurer une meilleure gestion des mouvements, y compris en aidant à résoudre les mouvements secondaires irréguliers et le recours aux réseaux de passeurs. C’est particulièrement essentiel compte tenu de la situation humanitaire en Grèce, et du nombre croissant de personnes séjournant en Italie et déposant une demande d’asile.

Depuis la Grèce, quelque 3712 demandeurs d’asile au total ont déjà quitté le pays à ce jour et les dossiers de candidature de 7970 personnes ont été traités pour une relocalisation. Jusqu’à présent, quelque 8676 places pour la relocalisation ont été promises par les 21 États membres de l’UE, ainsi que la Suisse et le Liechtenstein, ce qui ne représente que 13% de l’objectif de 66 400 places. Un pré-enregistrement en Grèce continentale a permis d’obtenir de nouvelles estimations sur le nombre des personnes qui pourraient être admissibles à la relocalisation. Sur la base des nationalités des personnes pré-enregistrées, environ 19 000 personnes en Grèce continentale pourraient être admissibles à la relocalisation. Le HCR encourage le Service grec pour l’asile à accélérer encore l’enregistrement des candidats à la relocalisation. Le HCR continue à venir en aide aux candidats à la relocalisation en leur fournissant un logement. Quelque 12 290 candidats à la relocalisation et d’autres demandeurs d’asile sont logés à ce jour dans de petits appartements temporaires,  des hôtels à des tarifs spéciaux ou des familles d’accueil, avec le soutien de la Commission européenne. Beaucoup d’autres (hommes, femmes et enfants) qui sont admissibles à la relocalisation vivent toujours dans des sites dans des conditions d’insécurité et de vie déplorables, qui sont insuffisantes pour l’hiver prochain. Une relocalisation rapide permettrait d’atténuer la peur et l’incertitude pour l’avenir.

Depuis l’Italie, 1064 demandeurs d’asile ont été transférés dans 16 pays et 2809 engagements de places disponibles ont été pris à ce jour. Davantage de personnes restent en Italie par rapport aux années précédentes, notamment en raison de l’augmentation des contrôles aux frontières en Italie du nord. Par exemple, le nombre des demandes initiales d’asile en Italie a augmenté de 53% (72 470) cette année par rapport à la même période en 2015 (47 428). Cela a eu un impact sur la capacité de ses systèmes d’accueil et d’asile, et il faut un geste fort de solidarité de la part d’autres États membres.

Les Etats participants doivent également accélérer le traitement et le transfert des candidats à la relocalisation. Les États doivent travailler en partenariat avec les autorités grecques et italiennes ainsi que les organismes compétents pour accroître le personnel et les infrastructures mises à disposition, et pour accélérer l’enregistrement et le traitement des dossiers.

Le HCR appelle également l’UE et les États membres à revoir les critères d’admissibilité en revoyant à la baisse le taux de protection pris en compte pour les candidats à la relocalisation afin d’inclure des nationalités supplémentaires ayant probablement des besoins en matière de protection. Actuellement, seuls les demandeurs d’asile de nationalités ayant un taux moyen de 75% ou plus au niveau de l’UE pour la reconnaissance du statut de réfugié sont admissibles à la relocalisation. Selon les toutes dernières statistiques disponibles de l’UE, ce seuil exclut, par exemple, les Iraquiens, alors qu’ils l’atteignaient précédemment, car leur taux de reconnaissance moyen est tombé à 73%.

Les obstacles à la mise en œuvre du programme de relocalisation doivent désormais être surmontés. Davantage doit être fait en parallèle pour l’insertion des réfugiés qui ne sont pas admissibles à la relocalisation. Le HCR continue d’appuyer les Etats, la Commission et les agences de l’UE participant à la mise en œuvre complète du programme. Il est impératif que, par nos efforts collectifs, les engagements pris il y a un an se concrétisent de façon significative au bénéfice des personnes ayant besoin d’une protection internationale.


Réfugiés : l’Europe néglige les besoins fondamentaux de milliers de personnes


http://www.medecinsdumonde.org/actualites/presse/2016/06/20/refugies-leurope-neglige-les-besoins-fondamentaux-de-milliers-de-personnes

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Dans un contexte de crise humanitaire sans précédent, cette journée symbolique du 20 juin, dédiée à tous les réfugiés, vient rappeler que le droit humanitaire international et le droit d’asile sont quotidiennement bafoués en Europe. Médecins du Monde, association médicale de solidarité internationale qui vient en aide à ces personnes depuis près de 40 ans, s’alarme de leur grande vulnérabilité dans leur pays d’origine, dans les pays d’accueil et sur les parcours migratoires. Notamment en Grèce où transitent des centaines de milliers de réfugiés.

 

Depuis l’entrée en vigueur de l’accord entre l’Union Européenne et la Turquie, 50.000 réfugiés sont bloqués en Grèce et survivent dans des conditions sanitaires dégradées. Face à cette crise, l’ensemble du réseau européen de Médecins du Monde s’est mobilisé et a renforcé ses équipes soignantes.

Présent aujourd’hui dans 28 lieux différents en Grèce, en intervenant directement dans les camps ou grâce à des cliniques mobiles, Médecins du Monde délivre chaque jour des centaines de consultations médicales et psychologiques.

En 2015, plus de 30.000 consultations ont été réalisées à Lesbos et Chios ; 14.000 à Idomeni. Nous avons soigné en priorité les personnes les plus vulnérables, toujours plus nombreuses, comme les femmes enceintes, les enfants, les personnes blessées ou malades chroniques.

Afin de mieux répondre aux besoins fondamentaux de ces personnes, nous avons également mené une enquête auprès de ces réfugiés, venant principalement de Syrie.

86% des personnes interrogées ont déclaré avoir subi des violences dans leur pays d’origine et/ou au cours de leur parcours migratoire. Les plus jeunes fuient pour échapper à un enrôlement militaire forcé ; les femmes seules avec enfants, sans protection, cherchent à rejoindre leur famille installée en Europe.

En Turquie, pays par lequel ils transitent, certains réfugiés se sont vus contraints de payer 500$ pour accéder à un camp de réfugiés. Parmi ceux qui ont réussi à trouver un travail, la grande majorité était payée 30 % de moins qu’un travailleur de nationalité turque. De nombreux faits de violence de la part de la police turque nous ont également été rapportés.

Toutes ces expériences traumatiques ont des conséquences dramatiques pour ces personnes. L’état de santé physique et mentale de celles qui sont parvenues à atteindre l’Union européenne via la Grèce, en survivant à la traversée de 10 kilomètres qui la séparent de la Turquie, est extrêmement dégradé. Seuls 14 % d’entre elles se déclarent en bonne santé quand plus des ¾ des réfugiés reçus dans nos structures considèrent qu’ils sont en souffrance psychologique. Celles et ceux qui restent en Grèce survivent parqués dans des camps à ciel ouvert avec d’immenses  besoins médicaux.

Face à ce constat, nous continuerons à condamner l’accord UE-Turquie qui bafoue le droit d’asile et les conventions de Genève. Les réfugiés prennent aujourd’hui de plus en plus de risques pour rejoindre cette Europe forteresse et le nombre de morts reste inadmissible. Nous redisons l’impérieuse nécessité d’ouvrir des voies d’accès légales et sécurisées pour toutes ces personnes, avec la possibilité de demander le droit d’asile dans le pays de leur choix. L’Union européenne doit respecter les droits fondamentaux de ces réfugiés en assurant tout au long du parcours migratoire une protection spécifique des femmes et des enfants, qui représentent désormais la majorité d’entre eux.

 

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Dumaine Marie Jo

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