3 (nouvelles) preuves que l'accord UE-Turquie est illégal


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[03/06/2016]

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Refugies-et-migrants/Actions/Refugies-la-France-doit-faire-le-choix-de-accueil-18419

Notre nouvelle recherche démontre de nouveau que la protection offerte par la Turquie aux réfugiés est loin d’être suffisante et que les renvois de réfugiés ne respectent pas le droit international.

Nous apportons trois nouvelles preuves que l’UE n’est pas en droit de renvoyer des réfugiés en Turquie. La protection qui leur est proposée, en pratique, est loin d’être suffisante pour être acceptable.

LES PROCÉDURES D'ASILE SONT DÉFAILLANTES

Alors que la Turquie s’est dotée il y a deux ans d’un système pour examiner les demandes d’asile, ce dernier est toujours en cours de mise en place.

Il existe donc de nombreuses failles comme : 

  • l’absence de moyens mis à disposition des autorités en charge de l’examen des demandes d’asile ;
  • l’incapacité des autorités à déterminer avec exactitude le nombre de personnes enregistrées comme demandeurs d’asile ; 
  • une qualité d’examen des demandes sujette à caution : 30.000 demandes examinées pour le mois d’avril 2016 ;
  • des décisions de rejet des demandes d’asile qui ne comportent aucune explication ; 
  • de sérieux doutes sur la possibilité de faire appel : seuls 28 recours examinés entre 2014 et mai 2016.

Pendant tout ce temps, je demandais l’asile, je demandais de parler avec le HCR. [La police] m’ont dit : ‘Vous ne pouvez pas aller voir le HCR. Vous êtes des criminels maintenant ». 

Salar, un Afghan arrêté lorsqu’il tentait de rejoindre la Grèce avec sa famille. 

AUCUN ESPOIR DE RECONSTRUIRE UNE VIE EN TURQUIE

Selon les règles internationales, les réfugiés doivent pouvoir reconstruire leur vie et s’intégrer dans leur pays d’accueil. 

A défaut, il faut que la communauté internationale leur vienne en aide en les réinstallant dans un pays qui peut assurer cette intégration.

La Turquie n’accorde pas le statut de réfugié complet aux non-européens, c’est-à-dire aux 3 millions de réfugiés présents sur son sol. 

Ces personnes sont alors des réfugiés conditionnels et n’ont donc aucune perspective d’intégration et dépendent entièrement de la réinstallation.

En 2015, seulement 7 500 personnes ont été réinstallées dans un autre Etat depuis la Turquie.

La plupart des réfugiés reste encore bloqué en Turquie, sans espoir que leur situation s’améliore.

C’était le cas de Faiza et sa sœur qui fuyaient leur mariage forcé prévu en Iran. 

S’il y avait la possibilité d’être réinstallé, on aurait attendu. Le trajet pour arriver en Europe nous faisait tellement peur, car nous connaissons les risques. Mais… on était tellement désespérés. Nous nous sommes dit : il se peut que nous allons mourir, que nous n’allons pas arriver, mais peu importe car on ne peut plus rester en Turquie » 

Faiza, une Afghane a attendu trois ans avec sa soeur en vain pour être réinstallées depuis la Turquie.

La France doit faire le choix de l'accueil, interpellez le Président de la République, François Hollande SIGNEZ

PAS DE MOYENS POUR VIVRE DANS LA DIGNITÉ EN TURQUIE

Les réfugiés doivent avoir accès à des moyens de subsistance suffisants pour vivre dignement, ce n’est pas le cas en Turquie.

Un droit au logement illusoire

Sur 3 millions de réfugiés, 260 000 réfugiés vivent dans des camps. Les grande majorité doit donc se débrouiller pour trouver un logement.

Les réfugiés que nous avons rencontrés  vivent dans des logements insalubres, voire à la rue. 

Ils ne reçoivent quasiment aucun soutien de la part des autorités. 

Un droit au travail théorique

Entre 2012 et 2016, 7 500 réfugiés syriens sur 2.7 millions ont obtenu un permis de travail. 

Cette situation les empêche de travailler légalement. Pire, cela favorise le travail au noir et surtout le travail des enfants.

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Cuisine d'une quinzaine d'Afghans et Pakistanais à Istanbul © AI

3 POINTS POUR RÉSOUDRE LA CRISE

  • L’UE doit cesser tout renvoi de réfugié vers la Turquie et mettre en place un système d’accueil des réfugiés depuis la Turquie sur son sol. 
  •  La Turquie doit étendre le statut de réfugié aux non-européens, rendre transparent son système d’asile, développer un dispositif d’hébergement des réfugiés et reconnaître certaines nationalités évidentes comme réfugiée.
  • La communauté internationale doit s’engager à réinstaller  davantage de réfugiés depuis la Turquie 

LIRE / TÉLÉCHARGER  LE RAPPORT

No safe refuge: Asylum-seekers and refugees denied effective protection in Turkey
(rapport en anglais)


Syrie : Médecins du Monde dénonce l’escalade de la violence à Alep


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Les récents bombardements dans la zone d’Alep ont tué plus de 50 civils cette semaine.
Les raids menés par le régime ont également visé le centre de santé Al Marja  dans lequel intervient un des partenaires de MdM sur place, l’UOSSM (Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux).

Le bâtiment a été complètement détruit. A l’heure où nous écrivons, un bilan est actuellement en cours.

Dans la ville d’Alep, Médecins du Monde et ses partenaires approvisionnent 4 hôpitaux en matériel médical et soutiennent 6 structures de santé.

« Les raids sont de nouveau quotidiens, la trêve semble prendre fin. Les écoles, les hôpitaux et les ambulances sont toujours ciblés, en totale violation du droit international. L’accès aux services de santé  est considérablement aggravé : il est de plus en plus difficile de faire notre travail et d’avoir accès aux patients dans un contexte où la population est privée de toute assistance » explique le Docteur Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde.

Médecins du Monde refuse que la population soit privée d’accès aux soins et demande la protection du personnel soignant et des blessés.

La guerre en Syrie entre dans sa sixième année, a fait plus de 270.000 morts et entrainé le déplacement de plus de la moitié de sa population.

http://www.medecinsdumonde.org/actualites/presse/2016/04/29/syrie-medecins-du-monde-denonce-lescalade-de-la-violence-alep#sthash.mNnTtWHK.dpuf


Des députés français sous le choc après une visite dans les camps de migrants en Grèce


Lesbos, prison à ciel ouvert pour réfugiés

LE MONDE | • Mis à jour le

Le chef de l’Eglise catholique en terre orthodoxe : un moment historique très attendu à Lesbos, où la situation reste tendue depuis la mise en application de l’accord conclu entre l’Union européenne et la Turquie le 18 mars. Dans le hotspot de Moria ou au camp Kara Tepe, les migrants attendent. Soit un renvoi vers la Turquie, soit la possibilité de demander l’asile en Grèce, en fonction de leur nationalité.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/photo/portfolio/2016/04/07/a-lesbos-apres-les-premiers-renvois-de-migrants-vers-la-turquie_4898210_4789037.html#phebO189wgMwdOOS.99
 

« Nous sommes à l’aube d’une catastrophe humanitaire. Il y aura des morts avant la fin de l’été », prévient Christian Assaf, de retour de trois jours dans les camps Grecs. Président et rapporteur de la mission parlementaire sur les flux migratoires en Europe, le député PS de l’Hérault s’est rendu à Idomeni, Nea Kavala et Diavata, dans le nord du pays, avant de visiter les campements d’Athènes entre le 18 et le 20 avril.

Avec le député socialiste des Hauts-de-Seine, Jean-Marc Germain, qui travaille sur le sujet pour la Commission des affaires étrangères, et quatre députés de sa mission, M. Assaf a pu constater les conditions sanitaires dramatiques dans lesquelles survivent les réfugiés bloqués en Grèce, et l’impossibilité de sortir de cette situation si le gouvernement d’Alexis Tsipras est laissé seul en première ligne, avec ses moyens limités.

« Les camps que nous avons vus au nord du pays comptent 40 % d’enfants, dont beaucoup sont très jeunes. Un médecin de la Croix-Rouge, visiblement inquiet, nous a déjà alertés sur des cas de malaria et de dysenterie. La situation sanitaire est critique, la qualité de l’eau inquiétante » rappelle M. Assaf, qui craint la montée prochaine des températures. D’autant que tous ces réfugiés ne sont là « que » depuis trois semaines et risquent d’y rester longtemps si l’Europe ne trouve pas le moyen d’aider massivement la Grèce à traiter les demandes d’asile.

« Aujourd’hui, tout passe par les services Grecs. Or, ils sont dépassés. Avant personne ne demandait l’asile là, aujourd’hui tous les migrants déposent une demande, même s’ils souhaitent être relocalisés ailleurs en Europe, c’est la procédure. Or, on ne peut être enregistré qu’à Athènes ou Thessalonique et dans ce dernier lieu, c’est 25 dossiers par jour au maximum quand plus de 50 000 personnes sont bloquées dans le pays », s’inquiète Jean-Marc Germain.

Toute la journée, les migrants tentent donc en vain de se connecter sur Skype pour décrocher un rendez-vous. « Il faut que l’Europe débloque une somme d’argent qui permette à la Grèce d’augmenter très vite le traitement des demandes d’asile », reprend Christian Assaf. A l’heure actuelle, ce blocage à l’enregistrement par les Grecs empêche même le travail de relocalisation. Ainsi, les agents de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) qui sont en mission là-bas pour ramener quelques-uns des 30 000 migrants que la France s’est engagée à recevoir avant fin 2017, sont eux aussi tributaires du goulet d’étranglement.

 

« L’Europe ne peut pas les abandonner comme ça »

 

Pour compléter cette visite de terrain, Jean-Marc Germain s’est rendu dans le hotspot de Chios, une des îles les plus proches de la Turquie, afin d’observer les effets de l’accord cosigné par l’UE et le pays d’Erdogan qui autorise le renvoi des demandeurs d’asile arrivés en Europe après le 20 mars.

« J’ai pu visiter le hotspot qui avait été organisé dans la précipitation juste avant la signature de l’accord, mais évidemment, ne fonctionne plus depuis. Dans l’île, où je suis allé mercredi matin, 18 migrants étaient arrivés la veille et 80 deux jours auparavant », rappelle le député des Hauts-de-Seine qui a pu s’entretenir avec des détenus exaspérés. « Un Malien et un Soudanais m’ont confié leur désarroi, explique-t-il. Tous deux ont vraiment l’impression de subir une double peine. Ils sont arrivés là après bien des péripéties, vont non seulement être renvoyés en Turquie mais en plus vont se retrouver tout en bas de la liste des relocalisés. Face à ce traitement d’hommes et de femmes, je partage tout à fait la décision de l’OFPRA de ne pas venir dans les îles grecques travailler à la mise en œuvre de cet accord », rappelle le député frondeur.

Lire aussi :   La Grèce renvoie les premiers migrants en Turquie

M. Germain a été marqué par le manque absolu d’informations des migrants. « Si les humanitaires sont très nombreux à Idomeni, sur un des stades de l’ancien site olympique, dans Athènes, il n’y a personne. Les migrants sont livrés à eux-mêmes sans informations, sans présence de personne pour les guider. A un moment je me suis retrouvé seul avec eux et j’ai ressenti une vraie agressivité vis-à-vis de moi. Certains humanitaires nous avaient auparavant fait part du même constat parce que ces gens ont un cruel besoin d’information », martèle l’homme politique, « l’Europe ne peut pas les abandonner comme ça ».

 

« Un cimetière à ciel ouvert »

 

Et ce n’est pas qu’à Athènes. A Diavata, la mission a rencontré un Syrien parlant un excellent français. « Ce professeur de français d’Alep était désespéré. Il s’est échoué là avec sa famille. Un de ses jeunes enfants souffrait de fièvres et n’avait accès à aucun médecin. En dépit de tous ses efforts, lui ne parvenait même pas à prendre un rendez-vous par Skype pour déposer sa demande d’asile. Sa situation état difficile, mais c’est lorsque nous lui avons demandé s’il souhaitait venir en France que nous avons ressenti la profondeur de son désarroi. Il voulait aller n’importe où, mais ne plus rester dans le camp », observe un des parlementaires, encore ému par cette image. Or, comme ce Syrien francophile n’était pas passé par l’enregistrement auprès de l’asile grec, l’OFPRA ne pouvait même pas avoir connaissance de son dossier et encore moins le sélectionner pour une relocalisation rapide en France.

La délégation de ces parlementaires pourtant habitués à la détresse pour avoir fait plusieurs déplacements sur la crise migratoire, a aussi été particulièrement sensible au geste d’une petite Syrienne d’Idomeni. « Elle avait 5 ou 6 ans. Elle est venue vers nous et nous a tous embrassés. On ressentait tellement qu’elle nous demandait simplement de ne pas l’oublier là, que j’en suis encore ému en le racontant », poursuit Christian Assaf.

Ce dernier, qui s’intéresse aux flux autant qu’aux migrants bloqués à leur entrée en Europe, souhaiterait la mise en place de voies officielles d’entrées en Europe, « un dispositif légal », précise-t-il, « parce que l’Europe est la première zone économique au monde et qu’il est scandaleux qu’elle n’ait pas mis en place ses propres ferrys humanitaires pour sauver ces gens », insiste-t-il, oubliant les arguments habituels des politiques plus calculateurs que proches des réalités du terrain. « Et qu’on arrête de nous opposer l’état de l’opinion”, insiste le député de l’Hérault, car je ne pense vraiment pas que l’opinion acceptera cet été qu’une destination de vacances à 3 heures de Paris devienne un cimetière à ciel ouvert pour des réfugiés. »

Lire l’éditorial :   Pour les réfugiés, rien n’est réglé, l’Europe doit faire plus


Dumaine Marie Jo

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